Raccourcis : l'art de déformer la réalité
Dans le but de faire de l'effet, le chroniqueur aguerri, le journaliste imaginatif ou le blogueur inspiré prennent souvent des raccourcis pour illustrer leurs propos. C'est ainsi que sous leurs plumes acérées, Michèle Richard a été rebaptisée «la reine de TQS». À force de déguiser les personnalités en ce qu'on croit qu'elles sont ou ce qu'on pense qu'elles ressemblent, on finit toujours par masquer la triste vérité. Faisons l'exercice ensemble.
Commençons par les plus connus.
Jean Charest a reçu le sobriquet de «mouton insignifiant». Sans commentaire, ça lui va comme un gant fourré.
Stephen Harper est «le W. de l'Alberta». Le plus inquiétant, ce n'est pas qu'on le prenne pour le président des États Unis, mais c'est qu'il se prenne lui-même pour Bush.
Depuis peu, Maxime Bernier a reçu le surnom de «Jos Louis des champs de bataille». Comme les gâteaux qu'il a généreusement distribués aux soldats canadiens en Afghanistan, le ministre est lourd et nous tombe sur l'estomac chaque fois qu'il apparaît quelque part.
Certains surnomment déjà Paul Arcand le «Michael Moore» québécois. Il est vrai qu'il en a le tour de taille, mais il est loin d'en avoir le tour de manivelle.
Et maintenant, voyons ensemble les raccourcis imagés que nous pourrions trouver pour nos têtes de turcs préférées.
N'appelons plus Mario Dumont, Marion Dumot, mais plutôt le «Calimero de la politique». Comme le célèbre poussin, le Louveteau-de-Rivière (c'est comme ça qu'on appelle les habitants de Rivière-du-Loup, non?) est entouré d'une coquille vide et il se plaint sans cesse.
Françoise David (mais où est-elle, au fait?) devient facilement la «Mère Térésa de Hochelaga» et pas seulement à cause du look. Et son acolyte Amir Khadir pourrait très bien être le «Père Térésa du Centre-Sud».
Suite à ses déboires avec les médias, Pauline Marois s'appellera désormais la «Castafiore de Charlevoix». Ciel ses bijoux!
La sémillante Monique Jérôme-Forget pourrait aisément devenir pour les besoins d'un bon texte «Le Banquier déguisé en Alys Robi».
Jack Layton, le souriant chef du NPD, ne devrait-il pas plutôt s'appeler le «Smily de la colline parlementaire»?
Que dire de Denis Coderre? Le «Rambo du PLC»? Le «Canadien errant»? Que penser de Stéphane Dion? Le «Titanic de la politique»? Et de Gérald Tremblay? Le «Supermaire des causes perdues»?
Pour finir, je m'en voudrais de ne pas vous laisser le soin de faire travailler vos neurones afin de proposer, vous aussi, des raccourcis amusants.







