Une journée sans sexe
Hier, j'ai eu une idée. Puisqu'on a la journée sans télé, la journée sans achat, la journée sans voiture et le kissing day, pourquoi ne pas tenir une JOURNÉE SANS SEXE!
J'ai eu cette idée en regardant le Grand journal de TQS, qui présentait hier soir un reportage "exclusif" portant sur un phénomène soi-disant répandu chez nos ados: les concours de fellations.
Pour expliquer la "popularité" de ces concours, on pointait du doigt les médias qui, comme on le sait tous, baignent dans le stupre et la fornication. Oui, les méchants médias sont aussi responsables de l'hypersexualisation qui corrompt nos pauvres adolescents sans repères...
Pour lutter contre ce mal, j'ai imaginé une Journée sans sexe.
Pendant 24h, les brasseurs de bière ne pourraient plus inonder nos ondes de publicités bourrées de pitounes en bikini.
Les magazines ne pourraient plus exploiter indûment les photos de jeunes femmes dont la tenue laisse trop peu place à l'imagination.
Les sexologues de tout poil ne pourraient plus signer de chroniques pour nous informer des raisons du comment du pourquoi que madame ne jouit pas en même temps que monsieur.
L'émission Bleu nuit, tout comme la nausée de sites pornos qui inventent chaque jour de nouvelles configurations entre l'homme et la femme (et autres un atout), feraient relâche.
Dans la même veine, les t-shirts bedaines, les pantalons moule-poches et les g-strings pour enfants de 12 ans seraient proscrits. Et bien sûr, tous les couples, à travers le monde, auraient ce jour-là simultanément la migraine.
Pendant cette journée, les gens n'auraient finalement rien de mieux à faire que de s'enfermer dans leur garde-robe avec en main un exemplaire gros caractères du Sélection du Reader's Indigeste. Ouvert à la page "Enrichissez votre vocabulaire".
C'est pas le pied, ça?
Évidemment, une journée sans sexe est impensable. Le sexe est partout. Et tout effort pour le censurer afin de "protéger nos pauvres enfants" ne ferait que le grandir à leurs yeux.
Que faire, donc, de l'omniprésence de ce sexe si mal compris par les jeunes?
Pourquoi ne pas en faire une occasion. Oui, une occasion pour les parents de mettre leurs culottes et de parler de sexe avec leurs descendants en d'autres termes que ceux de la "performance". Parler de sexe non pas en "quantité", mais en "qualité".
J'y vois aussi, et surtout, une occasion pour les parents d'aider leurs jeunes à être des consommateurs de médias plus avertis. Une occasion de leur expliquer qu'une pitoune à gros seins dans une publicité de bière n'a d'autre utilité que de faire saliver certaines catégories d'hommes des cavernes pas trop futés qui finissent par associer "gros lolos" à "bonne bière".
Vous aimez ça, vous, vous faire prendre pour des cons par la pub et les médias? Pas moi.
Vos jeunes vous seront certainement reconnaissants lorsque vous leur direz que certains propagandistes les prennent pour des cons afin d'attirer leur attention sur des choses futiles...







